Une technique ancestrale

La dentelle aux fuseaux est une technique manuelle traditionnelle de la passementerie qui consiste à tisser des pièces délicates telles que napperons, mouchoirs, broderies en dentelle faite à la main, à partir de fil de lin, de coton ou de soie, enroulé sur des fuseaux, que l’on tisse à partir d’un modèle réalisé sur un carton qui sert de patron fixé sur un carreau (métier à dentelle).
La dentelle aux fuseaux est apparue lorsqu’on a voulu donner un aspect décoratif aux bords des vêtements. La technique est apparue à la Renaissance en Italie (Venise), puis en Flandres. Elle s’est ensuite généralisée à travers l’Europe puis le Nouveau Monde.
Au XVIIIe siècle, 20 000 dentellières manient les fuseaux en Normandie, dans le Nord-Pas-de-Calais et le Valenciennois et dans la Région du Puy en Velay.
Au XIXe siècle, la Révolution industrielle et l’apparition des métiers mécaniques amorcèrent le déclin de la dentelle faite à la main.
La dentelle aux fuseaux peut être faite avec des fils grossiers ou fins. Traditionnellement, elle a été faite avec le lin, la soie, la laine ou le coton. Aujourd’hui, elle est toujours réalisée avec des fibres naturelles ou avec des fibres synthétiques.
Les bobines de fuseaux sont fabriqués à partir du bois de houx (arbuste au bois solide et léger), de cerisier, d’acajou, d’ivoire, d’os, d’écaille de tortue, etc. Traditionnellement, la poignée des fuseaux a une forme de quille pour mieux l’attraper avec les mains.
À partir d’un carton fixé sur un carreau, on dessine un modèle sur lequel on fixe des piqûres afin de délimiter les motifs. On place les épingles et on prépare les fuseaux portant les différents coloris de fil . Le fil n’est pas enroulé autour des fuseaux, mais à l’inverse, on fait tourner les fuseaux pour enrouler le fil, afin que ce dernier ne se vrille pas, ce qui réduit le risque de casse ou d’emmêlement. Ensuite reste l’apprentissage pour savoir croiser les fuseaux.


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